L’euro 2016, fait comme beaucoup d’évènements du football, l’objet d’un classique album Panini. Ce sont maintenant, cinq générations, qui se sont échangées ces stickers dans les cours de récré. C’est donc l’occasion de revenir sur cette réussite “made in Italie” d’une famille à la base, bien modeste de Modène.

Anto­nio et Olga Panini habitent à Modène avec leurs huit enfants, il y avait déjà des vignettes à collectionner, que l’on trou­vait dans les boîtes de biscuits, de café, de lessive, etc. Les quatre garçons de la famille, avaient l’ha­bi­tude d’en puiser une poignée en partant à l’école. Le soir, il s’agissait de voir qui rentrait avec plus d’images, si possible inédites, que le nombre emporté le matin. Le concept des images Panini était né.

Pour l’instant, la famille vit les heures sombres de l’Italie sous la botte de Musso­lini, le pays bascule dans la guerre au côté de l’Al­le­magne nazie. Lorsque le père meurt en 1941 d’un cancer, ce sont les filles qui ramènent un peu d’argent. La famille décide d’acheter un kiosque à jour­naux derrière la superbe cathé­drale de la ville. Les débuts sont difficiles, Olga et ses quatre filles se relaient pour tenir le petit commerce, et elles doivent propo­ser d’autres produits.

Bien­tôt, avec les inven­dus de maga­zines, et de romans de gare, des cartes postales, Giuseppe, l’aîné des quatre frères, a l’idée de compo­ser des pochettes-surprises, un produit pas cher, qui fonc­tionne assez bien. Giuseppe, s’est rendu compte que les collec­tions de vignettes qu’on leur propose ont un gros défaut, il est parfois impos­sible d’ar­ri­ver à complé­ter un album en entier, les éditeurs n’im­pri­mant pas toutes les images.

En 1962, Giuseppe décide de faire fabriquer une collec­tion de vignettes avec tous les joueurs de toutes les équipes du cham­pion­nat de foot italien, et propose l’al­bum sur demande, gratui­te­ment et surtout avec la garan­tie que les enfants pour­ront toujours obte­nir les vignettes manquantes en les deman­dant par cour­rier. Le succès est instan­tané, au troi­sième album, les quatre frères décident de contrô­ler l’en­semble de la chaîne de fabri­ca­tion. Depuis l’achat des photos en passant par l’im­pres­sion des images, leur mise sous pochette jusqu’à leur distri­bu­tion. En 1964, l’usine Panini sort de terre.

Aujourd’­hui, Panini est devenue numéro un mondial du sticker. Ils ont les licences pour sortir des albums surtout ce qui plaît aux enfants, des dessins animés Disney au royaume des animaux, en passant par les super-­hé­ros ou leurs séries télé favo­rites. L’entreprise a d’abord été dirigée par les fils d’Olga jusqu’en 1988. La succes­sion s’an­nonçait compliquée entre les vingt-cinq petits-enfants d’Olga. Les trois fonda­teurs encore vivant ont donc décidé de vendre à un grand groupe d’édi­tion italien.

Crédit photo :  Campobasso unica fede