Un attentat à Marrakech aurait fait au moins 14 morts, incluant plusieurs touristes. L’attentat est attribué à un kamikaze qui s’est fait exploser dans un café près de la place Jamâa El-Fna, lieu central du tourisme marocain.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière depuis les attentats de Casablanca menés par des extrémistes le 16 mai 2003, qui ont fait 45 morts, dont 12 kamikazes. Le Maroc, un pays de 32 millions d’habitants dont l’économie est étroitement liée au tourisme, a été relativement épargné par les révoltes qui secouent le monde arabe depuis le début de l’année. Toutefois, des manifestations en faveur de changements démocratiques ont eu lieu dans le pays depuis le 20 février, et le roi Mohammed VI a promis de procéder à d’importantes réformes démocratiques.

Selon les premières informations de sources médicales et officielles, onze étrangers, dont cinq femmes, et trois Marocains ont été tués par la déflagration à la mi-journée, qui a fait également une vingtaine de blessés. «Les éléments de l’enquête que nous avons permettent d’affirmer que c’est la thèse de l’attentat qui prévaut», a indiqué un responsable du ministère de l’intérieur sous couvert de l’anonymat.

L’attentat a visé le café-restaurant Argana, un lieu très fréquenté par les visiteurs étrangers, sur la place Jamâa El-Fna, épicentre de Marrakech, la grande ville touristique à 350 km au sud de Rabat. La façade du café a été soufflée, et les tables et les chaises de la terrasse ont été dispersées aux abords de l’établissement.

Selon un client du café, échappé indemne de l’attentat: «Un individu est rentré au café. Il a commandé un jus d’orange et quelques minutes plus tard, il s’est fait exploser». Selon un autre témoin, joint par téléphone, «tout le premier étage du café Argana a été endommagé», alors que des touristes y étaient installés pour avoir une vue d’ensemble sur la place.