Le journalisme a besoin de ses iconoclastes, pourfendeurs des modèles dominants et critiques du système au nom de la liberté de parole. Mais quant Robert Ménard entre dans l’arène du débat, on se nait plus trop si la liberté de parole a gagné au change.

Non content d’avoir pendant des années accablé Reporters sans frontières de son image d’éternel provocateur, il s’amuse aujourd’hui à crier “Vive Le Pen” bien plus pour faire monter la sauce marketing autour de son livre que pour défendre la liberté d’expression. Si celle-ci doit être défendue, elle n’a assurément pas besoin du soldat Ménard, décrédibilisé depuis longtemps par ses élucubrations médiatiques sous forme de discussions de comptoir.

Son argument ? Le monde journalistique critique excessivement Marine Le Pen et le Front national. Un “Vive Le Pen” clamé haut et fort permettrait ainsi de susciter l’effroi tout en dénonçant la “censure des bien pensants”. Robert Ménard a véritablement l’esprit fin pour y avoir pensé ! On aurait cependant attendu plus de finesse et d’argumentation de cette “oeuvre” qui ne fait que 30 pages !

Difficile donc de comprendre la démarche de Robert Ménard quand, au nom de la liberté de parole, il en vient à afficher une complaisance pour Marine Le Pen. Ancien “meilleur” défenseur des journalistes, Robert Ménard devient leur pire incarnation dès lors qu’il s’affiche rebelle des plateaux télé et soldat de la droite décomplexée.