J.Y. Le Drian_photo de GuerricPendant que l’on poursuit les terroristes, et autres fanatiques religieux de tout poil qui font péter des bombes artisanales et tirent avec de vieilles Kalachnikovs, les professionnels de l’armement et les militaires, eux, s’offrent de vrais engins modernes pour faire la guerre et provoquer de vraies destructions massives dignes de ce nom. Le tout sur fond d’intérêts financiers et d’enjeux économiques.

Actuellement à Doha, se déroule le salon de l’industrie militaire navale DIMDEX  (Doha International Maritime Defense Exhibition), et comme tout bon constructeur d’armes, la France y a un stand. C’est le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en personne qui est venu défendre ce mardi 29 les couleurs de l’industrie française de l’armement. Il s’agit de profiter de l’allant et de la bonne dynamique provoquée par le succès de l’avion de combat Rafale. Le groupe de construction navale militaire DCNS est candidat pour la vente de trois frégates antimissiles au Qatar, un marché de trois à quatre milliards d’euros, le constructeur Nexter pour celle de 300 véhicules de combat de type VBCI (deux milliards).

Le Qatar, est un client important (et pas simplement de gentils amateurs de football), même s’il reste un soutien actif des Frères musulmans et de groupes armés radicaux en Syrie, ce qui peut apparaitre parfois gênant. Cependant, le pays assure rejeter, comme l’Arabie Saoudite, tout lien politique ou financier avec le groupe État islamique, et comme, quand on parle d’argent, au-delà d’une certaine somme tout le monde écoute, ses contrats constituent un enjeu important à l’export pour DCNS en 2016. Le groupe est en concurrence avec une offre italienne.

D’autres commandes sont en projet, le Caire pourrait commander deux corvettes Gowind supplémentaires au constructeur français, qui feraient suite aux quatre déjà négociées, un patrouilleur hauturier et un navire de plus petite taille pour un total de 500 millions d’euros.
DCNS négocie aussi actuellement pour le “contrat du siècle”. La vente de 12 sous-marins à l’Australie pour plus de 20 milliards d’euros. Cette fois, la concurrence est particulièrement sévère avec les Allemands ThyssenKrupp et à un consortium japonais.

Et n’oublions pas que si le Qatar passe commande, les trois frégates seront construites à Lorient, une donnée importante pour le site industriel et la ville natale de Jean-Yves Le Drian qui, n’oublions pas est resté président de la région Bretagne.

 

Crédit photo : Guerric