Le président français a donné il y a quelque temps, sa vision sur l’évolution de la zone euro à travers plusieurs pistes de réformes. Angela Merkel, de son côté a pris son temps, pour à son tour, détailler sa réponse à Emmanuel Macron sur la réforme de la zone euro. Elle semble prête à quelques variations en acceptant un budget d’investissement, et en prônant la création d’un Fonds monétaire européen.
La presse emploie le plus souvent l’expression “lâcher du lest” pour aborder la réaction de la chancelière allemande. Elle vient de déclarer, “nous avons besoin d’une plus grande convergence économique entre Etats membres au sein de la zone euro“. Une déclaration qui vient comme une éclaircie dans une période plutôt sombre pour l’Europe, avec notamment l’arrivée d’un gouvernement euro-sceptique et anti-austérité en Italie.
Angela Merkel, laisse un peu de côté sa rigueur budgétaire et indique un effort de la part de l’Allemagne. “Nous avons pour cette raison, proposé un budget d’investissement pour la zone euro dans le contrat de coalition et j’y suis favorable” précise-t-elle en parlant du nouveau gouvernement allemand entre conservateurs et sociaux-démocrates.
Cependant, le montant de ce budget qui s’élève à quelques dizaines de milliards d’euros, reste très loin des objectifs du président français, à l’origine de la proposition d’un budget de la zone euro. Il s’agit tout de même, d’une décision intéressante sur le principe, surtout qu’Angela Merkel a détaillé la proposition allemande de création d’un Fonds monétaire européen (FME). Celui-ci viendrait en aide aux pays en difficulté, en contre-partie, le pays accepterait de strictes conditions et une surveillance étroite de son économie.
Ce nouveau type d’aides peut rendre l’ensemble de l’Europe moins dépendante du FMI en organisant sa propre aide en interne. Cependant, pour les pays aidés, le résultat passera toujours par un contrôle sévère de ses dépenses, des mesures d’austérité et un droit de regard et d’intervention dans leurs politiques nationales.
De quoi, refroidir certains pays qui veulent garder à juste titre un minimum d’indépendance, mais pour Angela Merkel, il ne peut être question de créer “une Union de l’endettement” en zone euro.
Un autre aspect des propositions d’Emmanuel Macron concerne le domaine militaire. Là aussi, on peut dire que la Chancelière a répondu “a minima” en se disant être “favorable” à sa proposition de force commune européenne d’intervention. Elle est restée par contre assez floue sur les modalités, car on sait que Berlin n’est pas vraiment motivé pour la chose militaire, en raison de sa position résolument atlantiste, mais aussi à cause du mauvais état de son armée nationale.
Les Allemands préfèrent largement influencer les politiques de leurs voisins en utilisant la puissance économique. La France de son côté, joue une nouvelle fois la carte de “la main tendue”. Ne nous y trompons pas, que ce soit par le biais de l’intransigeance allemande ou de la compréhension française, le but est bien de garder le leader ship dans le cercle européen, et maintenir sa zone d’influence. 
Crédit photo : Donq question