Jacob_G._Zuma_-_World_Economic_Forum_Annual_Meeting_Davos_2010Afrique du Sud, l’armée s’investit dans la lutte contre les violences xénophobes

L’armée sud-africaine s’est lancée pour la première fois dans la nuit de mardi à mardi à la lutte contre les violences xénophobes qui ont provoqué la mort de sept personnes pendant une opération entreprise avec la police dans un point chaud de Johannesburg.

L’opération a permis d’arrêter onze personnes. Les autorités ont également retrouvé les produits de pillages de magasins des immigrés.

À l’heure où les militaires encerclaient la zone, les policiers avaient mis en place un raid contre un foyer de travailleurs sud-africains, théâtre des attaques il y a quatre nuits de cela. La police avait survolé la zone et la police avait fait une perquisition des étages du foyer.

L’engagement de l’armée et la démonstration de force arrivent au moment où le calme semble revenir de quelques jours dans le pays. Mais ces interventions consistent surtout à démontrer que le pouvoir n’est pas passif.

Le gouvernement sud-africain a souvent été accusé de ne pas avoir considéré toutes les violences qui ont presque ravagé le pays en fin mars et début avril pour ne se manifester que quand tout est calme et que la société civile et la communauté internationale se sont émues. Pourtant, la violence xénophobe est un phénomène récurrent dans les townships sud-africains. Beaucoup d’émeutes anti-étrangères avaient provoqué la mort de 62  personnes en 2008.

Le président Jacob Zuma a engagé un dialogue avec les parties prenantes concernant les questions d’immigrations en Afrique du Sud depuis plus de cent ans.

Le chef d’État prévoit également une rencontre avec les représentants des réfugiés et demandeurs d’asile alors que de nombreuses associations incitent à une manifestation à Johannesburg pour dire non à la xénophobie.

“Le président entend instaurer un partenariat durable avec les parties prenantes dans le pays afin que les agressions honteuses d’étrangers ne se répètent plus grâce à une meilleure gestion de l’immigration “, d’après un communiqué de la présidence.

L’Afrique du Sud était sujette d’un fort taux migratoire depuis la fin du régime raciste d’apartheid. Le niveau de vie sud-Africain ainsi que les infrastructures de santé ou économiques a toujours fasciné beaucoup d’Africains qui veulent fuir la guerre ou la misère.

“Il est triste pour notre pays que cela arrive de nouveau “, a déploré mercredi matin Jessie Duarte, secrétaire générale adjointe de l’ANC, le parti au pouvoir depuis 1994.

“Il n’est pas possible d’arrêter l’immigration vers l’Afrique du Sud “, a-t-elle expliqué devant des journalistes étrangers, “mais nous pensons qu’il est nécessaire de mieux gérer la défense des droits de l’homme de tous les étrangers qui viennent dans notre pays, particulièrement pour les plus vulnérables “.

Le président Zuma déplore la culture de violence qu’a héritée le régime ségrégationniste de l’apartheid. Il est difficile de combattre cette culture même lors de l’avènement de la démocratie en 1994.

“En Afrique du Sud, nous avons eu un système nommé apartheid, qui était très violent. Pour l’abattre, nous avons dû être très violents aussi. Cette culture n’a pas été prise en compte “, a-t-il dit, cité par la presse sud-africaine.