Ce vendredi pourrait s’avérer déterminant dans la carrière de Christine Lagarde. En effet, si une enquête est ouverte, sa candidature à la tête du FMI serait pour le moins entâchée, alors qu’elle est la grande favorite à la succession de Dominique Strauss-Kahn. Hasard du calendrier, le dépôt des candidatures à ce poste se clôt justement ce vendredi soir.

La ministre de l’économie a déjà assuré qu’elle « maintiendrait » quoiqu’il arrive sa candidature au FMI. D’ailleurs, selon une source proche du dossier, la CJR risque fort de repousser sa décision à une réunion ultérieure qui se tiendrait dans les semaines qui viennent.

Comme pour enfoncer le clou et accabler un peu plus la ministre, le site Mediapart a révélé jeudi que Christine Lagarde était au courant de liens d’affaires entre un avocat de Bernard Tapie et un membre du tribunal arbitral, et ce, sans le récuser.

La ministre de l’économie est attendue ce vendredi à Lisbonne, où elle doit rencontrer les dirigeants des banques centrales africaines, poursuivant sa tournée mondiale auprès des pays émergents pour les convaincre du bien-fondé de sa candidature. Elle a même investi le réseau social Twitter, plaidant jeudi soir en anglais pour un FMI “plus représentatif” de ses membres.

Rappelons-le, il y a un mois, le procureur général près la Cour de Cassation, Jean-Louis Nadal, a saisi la commission des requêtes de la CRJ, estimant qu’il existait des éléments justifiant l’ouverture d’une enquête pour abus d’autorité dans le dossier de l’arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans la vente litigieuse d’Adidas par le Crédit lyonnais en 1993. Il est reproché à Christine Lagarde par le parquet général d’avoir recouru à un arbitrage alors qu’il s’agissait de deniers publics et de ne pas avoir exercé de recours contre la sentence arbitrale, alors que plusieurs spécialistes l’y encourageaient.