“Je n’ai jamais disposé d’un compte en Suisse ou ailleurs à l’étranger. Jamais”  

Voilà comment Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget réagissait le 4 décembre à la suite de la publication par Mediapart  d’un premier article accusant l’ancien maire de Villeneuve-Sur-Lot de détenir un compte dans la banque suisse UBS.

Depuis, 4 mois se sont écoulés. Jérôme Cahuzac a quitté le gouvernement le 19 mars à la suite de l’ouverture d’une procédure judiciaire et est passé aux aveux mardi 2 avril.

L’ancien ministre, surnommé “Monsieur Rigueur” du gouvernement, chantre de la lutte contre la fraude fiscale, est coupable du délit contre lequel il se bat. De quoi miner encore plus la parole politique dans ce contexte de crise.

Si Jean-Marc Ayrault estime que le mensonge d’un homme ne doit pas rejaillir sur l’ensemble du gouvernement, l’enchaînement des affaires (mise en examen de Nicolas Sarkozy, perquisition chez Christine Lagarde, aveux de Jérôme Cahuzac) contribue sans doute à l’affaiblissement de la légitimité de nos dirigeants, dans cette période noire pour la politique française.