Aveux de Jérôme Cahuzac, mise en examen de Nicolas Sarkozy. Ces deux affaires judiciaires qui font la une des médias ces derniers jours ont pour point commun d’avoir été révélées par le même site d’information : Médiapart

Pourtant, au cours des quatre derniers mois, le site fondé par Edwy Plenel a été l’objet de violentes attaques de la part de personnalités politiques de droite comme de gauche. Guillaume Peltier (UMP) comparait les journalistes de ce site à «  des petits Robespierre de la justice » et  le député PS Dominique Lefevbre décrivait « un système médiatique totalitaire ».

Arnaud Montebourg et d’autres membres du gouvernement comme Vincent Peillon ont cependant adopté une position plus favorable à l’encontre du site d’information, considérant qu’un tel « contre-pouvoir est nécessaire dans une démocratie ».

Même au sein de la communauté des journalistes, le travail de Mediapart n’a pas fait l’unanimité. Au cours des quatre derniers mois, le chroniqueur de RTL et de Canal +, Jean-Michel Apathie a dénigré les méthodes du site d’information.

Si l’affaire Cahuzac entache assurément la classe politique, les médias dominants qui sont restés étonnement passifs dans le déroulement des événements ne sont sans doute pas exempts de tout reproche.

S’interroger sur le déroulement d’une enquête, ou sur les méthodes d’investigation de journalistes est sans aucun doute louable. Mais ne pas chercher à vérifier les sources ou à accomplir un travail personnel de recherche relève quasiment de la faute professionnelle pour un journaliste. Si bien qu’on en vient à se demander si les professionnels de l’information ont vraiment fait leur travail.