La question se pose individuellement en France, car nous avons le choix. Cependant, ce n’est pas le cas dans tous les pays. Les lois souvent basées sur la religion, ne permettent pas de faire ce que l’on veut. La Grèce par exemple, a très récemment ouvert son premier crématorium. En effet, l’incinération des défunts a été autorisée par la loi qu’en 2006. Cependant, on sait qu’entre la loi et la mise en pratique, il s’écoule parfois du temps.

En 13 ans, aucun crématorium n’avait encore été construit. Il faut dire, que les candidats ne sont pas légion, car l’incinération va à l’encontre des principes religieux. En Grèce, c’est l’Eglise orthodoxe qui règne et qui reste très influente dans le pays. Un prêtre avait réussi à faire avorter en 2012, un précédent projet de construction à 50 km d’Athènes. A ce propos, les orthodoxes sont inflexibles. Le prêtre Serafeim Dimitriou, explique “l’incinération du corps n’est pas en accord avec la tradition de l’Église, qui commence avec le Christ. Puisqu’il a été enterré, les chrétiens doivent faire de même”.

Cependant, concernant la construction du centre funéraire de Ritsona, il a fallu aussi dépasser les lourdeurs et des réticences au sein même de l’administration de l’Etat. Officiellement, ce n’est pas l’Eglise qui s’y est opposée, mais l’incapacité de l’Etat à réussir à taxer les crémations et les enterrements de la même façon. Du coup, pas d’aide de l’Etat pour la construction du centre funéraire de Ritsona. Le bâtiment, qui a coûté plus de quatre millions d’euros, a donc été financé uniquement avec des fonds privés. Sans compter, qu’il a fallu trouver un endroit adéquat. Cela veut dire, pas trop près de la capitale, loin de toute zone résidentielle, au milieu des oliviers, pour éviter les problèmes administratifs et les plaintes des habitants. Le bâtiment est opérationnel depuis fin septembre, et a déjà effectué une trentaine de crémations.

Rappelons qu’en France, l’Eglise catholique n’interdit plus la crémation depuis le 8 mai 1963 si cela n’est pas pour provoquer les choix de cultes de cette religion. Selon une loi de 2008, les cendres sont considérées légalement comme un “corps ” et doivent être traitées avec le même respect. Tous les droits afférents à un défunt non incinéré s’appliquent de fait à un défunt dont le corps a été réduit en cendres. Depuis 1994, le taux de crémation en France est passé de 10 % à 36 % en 2017.

Si elle est autorisée, elle est souvent moins répandue dans des pays à tradition catholique, comme l’Italie (8,5 %) ou l’Espagne (19,3 %). Dans le monde, la pratique oscille, pour le Japon par exemple, 99,7 % de la population se fait incinérer et cette pratique est obligatoire en ville. Ces records sont en partie dus au manque de place. Au contraire, en Amérique latine, les taux de crémation sont très bas, au Brésil notamment avec à peine 4 % de crémation. Cependant, la crémation a tendance à augmenter partout. Cela peut être dû au manque de place, à l’évolution des mentalités, ou à un phénomène de société.

Crédit photo : raquel raclette