Jeudi matin, un adolescent de 17 a été abattu devant son immeuble de la Castellane, la cité dont est originaire Zidane, par une rafale de tirs de kalachnikov. C’est le dixième règlement de compte de ce type à Marseille cette année, et l’arme russe est de plus répandue dans la cité phocéenne et en France.

Comment cette arme de guerre qu’on croyait d’une autre époque s’offre t’elle une seconde jeunesse sanglante avec le trafic de drogue ?

La kalachnikov est devenue est arme très facile à se procurer depuis la fin des conflits dans les Balkans. Tout particulièrement dans le sud (Bouches-du-Rhône et Var) où une plaque tournante s’est constituée entre les caïds de la région et des mafieux originaires d’Europe de l’est, souvent des anciens militaires des Balkans installés sur la cote d’azur et qui refourguent les armes des guerres passées à prix cassées. Aujourd’hui on peut acheter une kalachnikov en France à partir de 400 euros.

Même le moindre petit brigand semble pouvoir s’armer lourdement. De gros moyens pour des butins souvent dérisoires, comme lors du braquage d’un « Brico Marché » à Vitrolles, fin novembre. Les cambrioleurs qui ont tiré à l’arme de guerre sur les policiers, blessant mortellement l’un d’entre eux avait volé des produits surgelés…

Une violence hallucinante pour un butin dérisoire. Il semblerait que la « kalach » exerce une fascination parmi les criminels. L’arme de Scarface est perçue comme un symbole de puissance par les bandits, ce qui explique peut être cette violence disproportionnée.

Les vols à mains armées se sont multipliés à vitesse grand V dans la région Marseillaise : 800 l’an passé dans les bouches du Rhône, soit deux fois plus qu’à Paris, et le cru 2011 s’annonce encore bien pire dans le sud. Les saisies d’armes sur le territoire français sont également en forte hausse : 2700 saisies en 2010, soit + 70% par rapport à l’année précédente.

La montée de la violence s’explique aussi par le fait que Les caïds d’aujourd’hui sont très différents de ceux du passé, Zampa et les autres. Le système de grand banditisme très hiérarchisé, où le respect du chef était une règle sacrée pour survivre dans le milieu, est révolu. Désormais le milieu est parcellaire, un cas de figure beaucoup plus propice aux éclatements de violence. De nombreux petits groupes se disputant la part du magot. Et armés de Kalachnikovs, ils se croient certainement plus puissants qu’ils ne le sont vraiment.