La tension continue de monter autour de la Corée du Nord. Les sanctions économiques sont envisagées, et Donald Trump fait pression sur les partenaires commerciaux de la Corée du Nord. A part la Chine, de nombreux pays échangent avec Pyongyang, y compris la France. Si cette pression s’accentue, elle n’est pas nouvelle, et même si le pays est déjà fortement discrédité sur la scène internationale, la Corée du Nord entretient pourtant des relations commerciales avec plusieurs pays étrangers.

Depuis longtemps, le pays dirigé par Kim Jong-Un est isolé sur le plan diplomatique, et fait l’objet de remarques, de mises en garde, et de sanctions. Cependant, l’économie a ses raisons que la diplomatie fait semblant d’ignorer, et une soixantaine de pays, à des degrés divers tout de même, commercent encore avec la Corée du Nord.

Au premier rang, on trouve la Chine, qui est de loin, le plus gros partenaire avec, en 2015, 83 % des exportations et 85 % des importations nord-coréennes. La proximité implique que les échanges sont d’abord réalisés avec les pays de l’Asie puisque outre la Chine, la Corée du Nord échange avec La Corée du Sud, l’Inde. Le Pakistan, la Thaïlande échangent également l’équivalent de dizaines de millions d’euros avec Pyongyang.

Le pays se fournit beaucoup en Russie, notamment, il y achète des briquettes de charbon, du pétrole, du blé et du bois. Quant à l’Union européenne, elle entretient des relations économiques limitées avec la Corée du Nord en Europe. L’Allemagne notamment, qui expédie des médicaments et des denrées alimentaires, l’Ukraine envoie des hélicoptères, la Suisse livre du lait, et on peut multiplier ces exemples, y compris en France.

L’hexagone, selon les douanes françaises, a vendu pour deux millions d’euros de biens, en 2016. Il s’agit de matériel médical (des appareils à rayons X notamment), des pesticides, des médicaments, des matières premières (malt, sucre), de l’alcool, des réfrigérateurs, des meubles. Dans l’autre sens, la France a acheté pour dix millions d’euros d’engins mécaniques (machines d’excavation, chariots élévateurs), des plastiques, du caoutchouc, des minerais, des crustacés et un peu de textile. Du coup, nous sommes, le premier partenaire européen de la Corée du Nord. Bien sûr, on peut noter que l’on joue sur des échanges minimes. La Corée du Nord n’est que notre 153e fournisseur (0,002 % de nos importations) et notre 200e client (0,004 % de nos exportations).

Traditionnellement, les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud n’ont que peu de relations commerciales avec la Corée du Nord. Une exception avec le Burkina Faso concernant le pétrole.

A cette longue liste de pays qui commercent légalement avec la Corée du Nord, il faut rajouter la question du trafic clandestin opéré par la Corée du Nord. Par exemple, on sait que la Corée du Nord s’est spécialisée dans la remise en état du matériel militaire étranger obsolète en échange de monnaie ou de nourriture. Ces trafics concernent ou ont concerné des pays eux-mêmes plus ou moins isolés comme Cuba, la Birmanie, l’Érythrée ou le Yémen.  A de nombreuses reprises au cours de ces dernières années, plusieurs cargos contenant du matériel militaire soupçonné de provenir de la Corée du Nord, étaient destinés à la Syrie, à l’Iran ou au Congo.

Crédit photo : Arnaud Mepoint