On peut dire que le bitcoin, a actuellement le vent en poupe. De semaine en semaine, il ne cesse de grimper et de battre des records. Cette monnaie virtuelle valait 1 dollar en 2011, elle est passée à 1 000 dollars début 2017, et la voilà aux alentours de 10 000 dollars. Bienheureux,, sont ceux qui en possèdent, sauf que les spécialistes de tous bords et les économistes sont encore partagés sur le fait de savoir s’il s’agit vraiment d’une nouvelle monnaie décentralisée, et libre de toute banque centrale ou d’un instrument purement spéculatif.
Rappelons, que le bitcoin, qui semble être la création du très mystérieux Satoshi Nakamoto est une monnaie cryptographique, et un système de paiement pair à pair, qui a l’avantage de s’effectuer sans intermédiation bancaire, donc sans frais. Le bitcoin, créé ainsi un nouvel espace permettant les transactions officielles et le cash de manière totalement anonyme, mais non sécurisé. L’ensemble du système profite du blockchain, c’est-à-dire, d’un mécanisme d’échange propre permettant le transfert des bitcoins d’un compte à un autre sans intermédiaire.
L’utilisation du bitcoin comme moyen de paiement ne cesse de s’étendre. Des pays, qui avaient interdit son utilisation comme la Russie ou la Thaïlande, sont finalement revenus sur leur décision. Le paiement, a l’avantage de s’effectuer sans intermédiation bancaire, et sans le moindre frais. Il existe même depuis novembre 2017, près de 1 700 distributeurs-échangeurs automatiques de bitcoins dans le monde.
Au-delà de ces avantages techniques, et des gains d’argent liés aux transactions, le bitcoin doit son succès à d’autres paramètres. Tout d’abord, sa rareté, car un algorithme informatique limite le nombre de bitcoins à 21 millions à terme. A ce jour, les bitcoins perdus n’étant jamais remplacés, ils en circulent 18 millions. Le bitcoin, profite d’un anonymat qui hélas attire une partie de l’argent issue d’origine et de transactions plus ou moins louches et douteuses liées à des activités criminelles, comme les trafics en tous genres, et les ventes illicites.
Tout ceci, en fait un objet de controverses et d’incertitudes, car on peut légitimement se demander ce qui se passerait si une effraction dans le système de blockchain survenait. Elle entraînerait une inondation de faux bitcoins, et donc, un effondrement des cours. Ce scénario, prend de plus en plus d’épaisseur, car avec la hausse des cours, le bénéfice est de plus en plus tentant. Le second scénario serait la décision concertée de l’ensemble des États, et des banques centrales, qui décideraient d’interdire ce moyen de paiement pour lutter contre les financements frauduleux du type terrorisme, drogues, et les blanchiments de capitaux issus de la fraude fiscale.
Enfin, il reste le cas beaucoup plus classique, de la vie et de la mort de toute bulle spéculative. Le bitcoin, ne garantit aucune protection de remboursement à ses utilisateurs, et aucun recours en cas de transaction frauduleuse. Sa seule valeur de placement, réside dans les perspectives de plus-values que ses détenteurs lui accordent. Les investisseurs, ne pouvant récupérer leurs fonds en devises, que si d’autres utilisateurs désirent acquérir des bitcoins. Or, nul ne peut prédire ni la durée, ni le sommet de la vague spéculative, et nul ne peut dire qu’elle sera la réaction du bitcoin en cas de repli massif et de perte de confiance.
Crédit photo : Zach Copley