L’ex-footballeur David Beckham, apparaît depuis longtemps très engagé dans la cause des enfants par l’intermédiaire de l’Unicef, dont-il est d’ailleurs le parrain. Cependant, cet engagement ne serait pas si désintéressé que cela, selon le site Médiapart qui fait quelques révélations dans le cadre de l’affaire dite des « Football Leaks ».

Ces révélations, mettent surtout en évidence, une large contradiction. Il y aurait David Beckham, l’ambassadeur du fonds humanitaire « Fond 7 » de l’Unicef qui incite tout à chacun à se montrer généreux et David Beckham, le business man qui ne veut pas « qu’une partie de ses millions accumulés soient versés à la cause humanitaire ».

Les révélations de Médiapart révèlent un Beckham qui se fait prier par des conseillers pour faire des dons, qui se réduisent au strict minimum. Plus gênant, des pratiques disons « mesquines » comme cette demande de remboursement de billet d’avion qu’il n’a, en fait jamais pris. En juin 2015, David Beckham part en Asie pour des événements rémunérés par ses sponsors qui fournissent un jet privé. Au passage, il doit passer au Cambodge pour une mission Unicef, qui n’aura pas lieu. Il envoie tout de même une facture de plus de 8 000 euros de billet d’avion à l’Unicef, car il considère que contractuellement, il a droit à ce billet.

Mediapart, résume la démarche de David Beckham, « profiter d’un voyage de charité pour s’enrichir de quelques milliers d’euros« , alors qu’il en a gagné quelque 46 millions l’an dernier.

Cela nous ramène plus globalement à la présence de ces personnages, qui ne sont ni plus ni moins qu’une image. L’investissement d’un footballeur, par exemple quand il joue encore et qui profite d’une notoriété grâce à ses performances et ses résultats, ne peut pas être comparé  à un engagement d’un ex-joueur, qui a besoin de battage médiatique pour maintenir une image. David Beckham se sert de la cause humanitaire comme d’un tremplin pour ses affaires personnelles. L’ancien footballeur devenu un « people » a besoin de « réaliser des actions pour des œuvres de bienfaisance afin d’améliorer son image, pour que les gens voient les grandes choses qu’il fait, au lieu de constamment lire des articles expliquant combien il gagne« , résume David Gardner, qui travaille pour la marque Beckham, dans une lettre dévoilée par Médiapart.

 Du côté de l’Unicef, on préserve l’icône qui, il faut bien le dire, rend bien des services pour atteindre un public très large. Cependant, il serait temps de rééquilibrer la donne, et dans un monde de communication, on peut se demander qui a le plus besoin de qui.
Pour blesser personne, on dira que cette « collaboration » est positive pour tout le monde, cependant, il convient peut-être mieux de parler de réalité et d’efficacité plutôt que de générosité et de fraternité.
Crédit photo : Unicef HK