Boat_People_at_Sicily_in_the_Mediterranean_Sea_photo_Vito ManzariLa crise des réfugiés n’avait pas eu lieu sans la guerre en Syrie. La majeure partie des réfugiés qui ont voulu rejoindre l’Europe par la mer Méditerranée depuis janvier sont des Syriens. Certains d’entre eux ont fait une escale en Turquie, un pays frontalier à la Syrie, avant de franchir le sol européen par la Grèce. Il y a ceux qui ont juste transité en Turquie pour en quelques jours pour préparer la suite de leur voyage alors que d’autres s’étaient décidé à trouver une nouvelle terre d’accueil.

Pour expliquer cet important exode, ils utilisent tous les mêmes mots: « On a perdu tout espoir ». Une phrase qui résume un bon nombre de raisons, dont le conflit qui ne cesse de s’intensifier, une des principales raisons de leur fuite, mais également les restrictions assez sévères imposées par ses pays voisins. Il y a également la campagne de circonscription mise en place par le régime Bachar Al-Assad, et l’absence d’aide humanitaire.

Plus en détail:

– Les Syriens sont exaspérés par le conflit

Ils ont essayé de tenir durant des années avant de franchir la frontière vers la Turquie. Après cinq ans de conflit, ceux qui ont pu s’installer en Turquie, mais les yeux toujours rivés vers la Turquie, on prit la décision de ne plus revenir vers leur patrie. En d’autres termes, la Syrie se tend vers un scénario à la somalienne dominé par l’atomisation du territoire.

Le conflit est d’autant plus renforcé par la logique milicien qui vient s’ajouter à la guerre entre les pros iranien et pro-américain, un combat qui semble être difficile à résoudre. Sans oublier les pressions provoquées par les actes terroristes de l’État islamiques et le déversement de barils explosifs par l’armée syrienne forçant les Syriens à fuir vers la Turquie, en espérant y trouver quelques perspectives d’avenir.

– l’espoir des migrants s’envole avec la tension en Turquie

La Turquie était assez généreuse envers les Syriens désespérés. Ils pouvaient bénéficier d’une éducation gratuite ainsi qu’aux soins de santé. Sauf que la situation semble se détériorer avec la hausse importante de loyers et la quasi-impossibilité de trouver un emploi, une situation qui rendent vulnérables certaines familles.

De plus, le niveau des écoles est très médiocre, provoquant des inquiétudes supplémentaires aux parents, sans oublier l’influence permanente des Frères Musulmans, ainsi que le conflit né entre les soldats turcs et les militants kurdes, contraignant les familles à prendre le départ vers d’autres terres.

– La campagne de conscription

Certains réfugiés syriens arrivés sur le sol européen étaient originaires de Damas où une guerre interminable avait ravagé le pays provoquant l’envie de s’échapper du gouffre à laquelle le pays se trouve. La fuite est pour certains jeunes, le meilleur moyen d’échapper aux patrouilles en quête de réfractaire. Vers la fin 2014, une importante campagne de conscription afin de renforcer les rangs de l’armée handicapés par les désertions et les pertes.

– Absence d’aide humanitaire

Les cinq années de guerre ont épuisé aussi bien les réfugiés que les agences humanitaires. Les coupons alimentaires que le PAM avait distribués chaque jour coutent plus de 40 dollars depuis le début de la crise. Malgré le nombre de besoins qui ne cesse d’augmenter, le nombre de bénéficiaires de ces coupons ont été réduit à un tiers, de 2,1 millions à 1,4 million, et ce, à cause du sous-financement des agences humanitaires.

crédit photo: Vito Manzari