La série de catastrophes naturelles que représentent le passage des ouragans et leur lot de destruction donnent à réfléchir. Si les spécialistes de la météo cherchent le meilleur moyen de les prévenir, les spécialistes de l’aménagement du territoire en profitent pour réaffirmer d’évidentes mesures de précautions qui ne seront pas suivies. Quant à certains économistes, ils font remarquer cyniquement que les catastrophes naturelles peuvent être bénéfiques à l’économie, car les reconstructions vont générer de l’activité. Mais en est-on si sûr ?

La question n’est pas vraiment nouvelle, car ce n’est hélas pas la première fois que l’on est confronté à des phases de destructions importantes. On peut donc économiquement voir si des épisodes similaires ont favorisé l’économie du secteur de manière durable.

C’est l’occasion d’évoquer un économiste français, certainement plus connu hors de nos frontières que chez nous du nom de Frédéric Bastiat. Celui-ci en 1850 a exposé une théorie qui démontre, que le remplacement des biens matériels accidentellement détruits ne favorise pas l’activité économique.

Dans un premier temps, on peut prendre en compte que cela profite aux entreprises de construction. On ne peut cependant pas parler d’enrichissement global, car l’argent qui y est consacré aurait dû être dépensé sur d’autres choses.

Frédéric Bastiat, fait surtout remarquer, que les propriétaires vont dépenser de l’argent juste pour se retrouver dans la situation où ils étaient avant la catastrophe. Ils vont s’appauvrir des sommes qu’ils y consacreront. Dans un deuxième temps, ils ne vont donc pas dépenser cet argent sur d’autres secteurs, ce qui maintiendrait et développerait l’activité économique à long terme.

Sur le terrain, la banque américaine First Trust constate qu’après le passage des ouragans Katrina qui a fait 1 836 morts en 2005 et Sandy, 210 morts en 2012, les Etats-Unis n’ont constaté, ni récession, ni supplément de croissance. Seul le PIB américain du premier trimestre 2006, a en effet augmenté de 4,9 % en rythme annuel, et cela correspond à des achats de remplacement.

Depuis, les choses ont repris un cours particulièrement standard. Il est à parier, que si les habitants n’avaient pas dépensé leur argent pour remplacer par exemple leurs voitures détruites, ils l’auraient fait dans d’autres secteurs si Harvey n’avait pas dévasté la région.

On peut donc plus sûrement parler de transfert de dépenses, d’un secteur à un autre, plutôt que de croissances économiques globales.

Crédit photo : Renaud Marco