Et si au bout du compte, les responsables politiques indépendantistes ne cherchaient en fait qu’à demander le maximum pour être certain d’obtenir le minimum. Au fur et à mesure, on se rend bien compte que l’idée d’indépendance n’est pas vraiment partagée par tous en Catalogne. Cependant, il apparaît que si Barcelone ne fait pas l’unanimité avec elle, Madrid fait par contre le plein de voix contre elle.

Bien sûr, tous les purs et durs du mouvement catalan, expliqueront que la rivalité est ancestrale et que le sentiment national est ancien en Catalogne. Ils expliqueront, que ce sont les Bourbons, qui ont supprimé les « Libertés catalanes ». Le jour de la chute de Barcelone, le 11 septembre 1714 est devenu le jour de la « nation catalane ». Par la suite, le franquisme resserrera encore plus l’étau sur l’autonomie de la région à partir de 1939.

Cependant, depuis les choses ont changé sur le plan politique, mais des évolutions tendent à ne pas suivre au même rythme. Le pays a été industrialisé sur sa périphérie, Catalogne, Valence, et le Pays Basque. Justement, la Catalogne voudrait pouvoir bénéficier d’un plus grand contrôle de ses revenus et de ses investissements. Elle voudrait à l’instar du Pays Basque et la Navarre, pouvoir lever eux-mêmes l’impôt. De même, les Catalans reprochent à Madrid un déficit d’investissement réalisé par l’Espagne en Catalogne. « Une ligne de TGV relie Zaragosse à Huesca, mais il n’y en a pas entre Barcelone et Valence » explique, l’historienne Gracia Dorel.

Cependant, tous les sondages avant la décision du referendum interdit par l’Espagne, ont donné les indépendantistes minoritaires dans une région ou le melting-pot a joué à fond. Aujourd’hui, presque tout le monde en Catalogne a au moins un grand-parent venu d’ailleurs. De même, la Catalogne est par ailleurs, avec l’Andalousie, la région où l’immigration étrangère est la plus forte.

Cependant, il semblerait que les provocations et les prises de position plus tranchées des dirigeants catalans, combinées avec une bonne maîtrise médiatique, ont obligé les autorités espagnoles à ne plus pouvoir mettre sous le tapis, les urgences. Elles ont aussi poussé le gouvernement dans ses retranchements et à faire des erreurs, faisant basculer ainsi une partie de la population par réaction.

Dans la famille espagnole, la catalogne fait un peu penser à l’ados qui a de bons résultats scolaires, et qui demande calmement, mais fermement d’avoir la même chambre que sa sœur (Pays Basque), qui elle, a longtemps menacé de mettre le feu à la maison pour avoir sa chambre à elle toute seule.

De là, à concrètement quitter la chaleur douillette de la maison, c’est une autre aventure !

Crédit photo : Luc Deroche