Emplois fictifs, emplois non déclarés, emplois dissimulés, voilà des pratiques que chacun se presse de condamner. En fait, la condamnation est unanime surtout dans l’absolu et chez les autres. Une enquête du centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) publiée début février montre, que pour une bonne partie de l’opinion, ces pratiques sont acceptables et que l’on peut les tolérer.

Si l’on regarde plus attentivement les chiffres de cette étude, on apprend que 30 % considèrent que le travail dissimulé est un comportement toléré et acceptable et 39 % pensent qu’il est acceptable de faire travailler quelqu’un sans le déclarer. En poussant, un peu plus loin l’investigation, 39 % de la population interrogée reconnaît avoir travaillé de manière dissimulée au cours du mois dernier et 8,6 % entre 2012 et 2015.
Le plus souvent, quand on évoque le travail dissimulé (on peut dire travail au noir, c’est plus parlant) c’est le secteur du BTP qui arrive dans les esprits. Régulièrement, des entreprises sont épinglées pour employer des personnes sans les déclarer. On retrouve dans les affaires, de grands noms comme Vinci Construction avec un sous-traitant qui a fait travailler, sans contrat ni salaires pendant des mois, une vingtaine d’ouvriers. En juillet 2015, c’est le groupe Bouygues et quatre sociétés qui ont été condamnées pour avoir employé « au noir » 460 ouvriers polonais et roumains.
Régulièrement pointé pour travail dissimulé, le secteur du bâtiment a réagi et a mis en place depuis un an une carte d’identité professionnelle obligatoire à présenter en cas de contrôle de l’Inspection du travail.
Le secteur du bâtiment n’est pas le seul concerné. D’après l’enquête du CREDOC, ce sont les services à la personne qui seraient le premier secteur dans lequel se pratique le travail dissimulé. 27 % des travailleurs non déclarés exercent dans les services à la personne. Dans le même temps, 20 % des utilisateurs des services à la personne reconnaissent avoir recours à des employés non déclarés (pour la garde d’enfants dans 42 % des cas).
A petite échelle et dans la vie courante, il semblerait que cette pratique reste pour une majorité, « pas grave ».

Crédit photo : Ministère du travail, de la recherche et de l’industrie