Dans son intervention télévisée, François Hollande a proposé l’organisation d’un référendum « local » sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Cette idée apparaît, à première vue, intéressante, participative, mais dans les faits semblent apporter plus de problèmes que de solutions.

 Déjà, d’un point de vue juridique, parler de référendum revient à dire que les procédures jusque-là respectées, les recours, et autres déclarations d’utilité publique, n’ont aucune valeur. De plus, c’est reléguer et surtout avouer que la décision, répétée plusieurs fois par Manuel Valls de construire l’aéroport, n’en était donc pas vraiment une.

 En allant encore plus loin, imaginons donc qu’il y ait refus du projet, qu’est-ce que l’on fait des terrains, et surtout de ce que l’on fait des dossiers d’expulsion et d’expropriations exécutées ou à venir. C’est aussi dire, que les décisions des élus de toutes les collectivités concernées n’ont aucune légitimité, et donc de les mettre largement en « porte-à-faux ».

 Techniquement maintenant, un référendum local s’applique à un territoire précis et pour une affaire de la compétence de ce territoire et la maîtrise d’ouvrage de Notre-Dame-des-Landes n’est pas assurée par une collectivité, mais par l’État qui a signé lui-même la déclaration d’utilité publique. Que ce soit le président de la République qui propose un référendum confirme d’ailleurs qu’il s’agit d’un sujet d’intérêt national pour lequel un vote local n’a pas de fondement. S’il ne s’agit pas d’un référendum, il s’agit alors d’une consultation, mais là  se pose la question de savoir si l’on interroge les quelques centaines de zadistes ou les 4 millions d’habitants de la zone de chalandise de l’aéroport. Là aussi, la demande d’avis ne peut légalement concerner que les affaires relevant de la compétence de la collectivité concernée.

La proposition de François Hollande est au pire infaisable, et certainement source de nouvelles problématiques et de nouveaux clivages. Il y avait les pros et les anti-aéroports, et il y a maintenant, le pro-référendum, qui est pour ou contre l’aéroport. Les anti-référendums, qui sont contre et pour l’aéroport.


Une devise vient alors à l’esprit, diviser pour mieux régner.

Notre Dame des Landes_photo de philippe leroyer