La droite traditionnelle française se reconstruit. Les Républicains, ont élu un nouveau président, et celui-ci, a présenté une partie de sa nouvelle équipe. Il faut bien avouer, que de nombreux ténors ont préféré se tenir à l’écart, voire à quitter le Parti, c’est donc une équipe composée de personnalités moins connues. Si elle essaye d’être équilibré, on notera, comme on pouvait le prévoir, que l’aile de droite dure est bien représentée.

Pour éviter de devoir s’expliquer sur le manque de ralliement d’autres leaders du Parti, Laurent Wauquiez a expliqué, « la droite se tourne vers l’avenir. Elle le fait avec une équipe jeune, 43 ans de moyenne d’âge, de nouveaux visages et des élus qui en sont pour un grand nombre à leur premier mandat« . Cela va lui permettre de coller à l’effet généré par le Parti d’Emmanuel Macron, qui a mis en valeur la mode du renouvellement des personnes en politique, et surtout, cela lui assure son emprise en lui garantissant d’être la seule véritable tête d’affiche de cet état-major.

Cependant, Laurent Wauquiez, s’est surtout attelé à bien démontrer son souci d’ouverture, notamment vers le centre pour faire un peu oublier sa proximité avec l’extrême droite. C’est dans cette optique que trois vice-présidents ont été nommés, ils sont les représentants de courants différents.

On retrouve la très juppéiste, Virginie Calmels, son ralliement apporte la caution modérée du nouveau président du mouvement, elle devient ainsi, la première vice-présidente et vice-présidente déléguée des Républicains. Cependant, elle va devoir faire avec Guillaume Peltier, qui tour à tour a milité au Front national, puis au côté de Philippe de Villiers dans le Mouvement pour la France, dont il fut même le secrétaire général. Plutôt populiste, c’est un eurosceptique déclaré, il ne semble pas vouloir mettre de l’eau dans son vin. Le troisième et dernier vice-président, est encore moins connu, député de l’Ain, il fut le porte-parole de François Fillon jusqu’au bout. Officiellement, en tant que troisième vice-président, il sera chargé des élections, mais officieusement, il devra œuvrer pour renouer le lien avec les Centristes, cela devrait bien l’occuper.

Pour le reste de l’équipe, c’est plus nettement axé à droite avec le fervent sarkozyste Geoffroy Didier, devenu directeur de campagne de Laurent Wauquiez, il devient secrétaire général chargé des relations avec la presse. Il sera sans doute l’une des personnalités les plus présentes médiatiquement du nouvel organigramme. L’autre secrétaire générale est la filloniste Annie Genevard, vice-présidente de l’Assemblée.

Parmi les six secrétaires généraux adjoints, la place est à la jeunesse avec des nouveaux venus dans lesquels on retrouve des duos de choc, avec la très catholique députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer et a contrario, la laïcarde convaincue Lydia Guirous. On note aussi la présence du maire de Châlons-sur-Saône Gilles Platret, proche de Laurent Wauquiez, et Laurence Saillet, anciennement proche de Xavier Bertrand, qui a quitté le Parti.

Pas sûr, que tout le monde y trouve son compte, et bon courage pour unir dans une même voie tous ces courants, et surtout ses nouvelles ambitions individuelles.

Crédit photo : Sergio Foo_biker