Delphine Batho, la porte-parole de François Hollande, occupe un logement social de luxe (un logement dit « intermédiaire » pour être précis) de la ville de Paris. Elle paye un loyer de 1524 euros pour cet appartement de 108 m2 qu’elle occupe depuis 2007. Sa situation est totalement légale : elle a le droit à ce logement dans le cadre du 1% patronal, suite à son ancien travail de chargée de missions à la sécurité de la région Ile-de-France.

Malgré la légalité de cette situation, on peut se demander si la situation de Delphine Batho est normale. Car malgré le surloyer dont elle s’acquitte, elle paye un loyer environ 37% inférieur au prix du marché locatif privé. Avec les revenus assurés par son mandat de député (7.100 euros de salaire brut, 6.412 euros de frais de représentation) Delphine Batho n’est pas vraiment celle qui a le plus besoin d’un logement à loyer modéré, alors que les listes d’attente des demandes d’accès à un HLM sont effrayamment longues. Mais rien n’y fait, malgré la demande du maire de Paris Bertrand Delanoë (« j’ai besoin de logements pour les Parisiens dont les revenus justifient qu’ils y aient accès » a-t-il déclaré au Monde à propos du cas Chevènement, très similaire), Delphine Batho refuse de quitter cet appartement.

Quand la loi est mal faite et injuste, le devoir des politiques n’est-il pas de montrer l’exemple au lieu d’abuser des failles du système ?