Jean-Luc Mélenchon, est généralement perçu comme le principal opposant d’Emmanuel Macron. Il devance en cela Marine Le Pen, qui semble avoir bien du mal à s’imposer dans son propre Parti. Quant aux autres Partis, ils sont trop dans un état de reconstruction, pour proposer une personnalité apparaissant crédible. Cependant, si pour le leader de la France insoumise, il n’y a pas de problème dans son camp, il n’en reste pas moins en perte de vitesse, et seulement 36 % des Français ont une bonne opinion de lui, contre 42 % il y a deux mois.

C’est un sondage Odoxa, qui note que si le tribun de gauche apparaît proche des gens, et compétent, il est aussi perçu comme agressif et individualiste pour 69 % des sondés. Il semblerait de ce côté-là, comme le président de la République qu’il ait perdu l’allant de la campagne. Si Emmanuel Macron subit une érosion de popularité classique et inhérente à la pratique du pouvoir, pour Jean-Luc Mélenchon, il semblerait que les recettes qui lui ont permis de se positionner en tant que chef de file de l’opposition, commencent à l’isoler dans une tour d’ivoire.

L’épisode des ordonnances réformant le Code du Travail est à ce sujet significatif. Jean-Luc Mélenchon a réussi à se positionner comme meneur de la fronde, mais cela s’est fait au détriment d’alliés potentiels que sont d’autres formations politiques, et même les syndicats. Le relatif échec global de la contestation qui n’a pas suffisamment mobilisé pour faire reculer le gouvernement, accentue cette image que la France insoumise manœuvre d’abord pour prendre le contrôle de l’opposition et pour s’assurer un leadership plutôt que réellement lutter contre la politique du gouvernement.

C’est certainement pour casser cette image de leader « maximo » que le chef de file de la France insoumise essaye, avec parfois des couacs, de faire émerger autour de lui une génération de nouvelles personnes, comme Quatennens, Bernalicis, ou Obono, et de mettre en avant les « anciens » comme Corbière, Coquerel. Jean-Luc Mélenchon veut en quelque sorte, dépersonnaliser sa parole pour montrer des signes d’ouverture et de pluralité dans son Parti, afin d’éviter de donner une vision du fonctionnement trop centré sur sa personne.

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