La famine dans la Corne de l’Afrique menace maintenant onze millions de personnes. Mais face à la lenteur des engagements internationaux, le Programme alimentaire mondial (Pam) peut difficilement intervenir. C’est dans ce contexte que s’est ouvert lundi 25 juillet une réunion d’urgence à Rome.

La sécheresse menace onze millions d’habitants de Somalie, d’Ethopie, de Djibouti et du Kenya par la pire famine des vingt dernières années. Selon les médecins du camp de réfugiés de Dadaab au Kenya, la malnutrition chez les enfants a atteint le niveau 4, ce qui équivaut à une espérance de vie de 40 %.

Sans intervention de la communauté internationale, des centaines de milliers d’habitants pourraient mourir de faim. « Les retards peuvent causer encore plus de morts », a ainsi prévenu le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, alors que les agences onusiennes n’ont reçu que la moitié de la somme nécessaire aux programmes d’assistance.

Mais la réponse des donateurs internationaux et des Nations unies est lente et le Programme alimentaire mondial (Pam) ne peut distribuer son aide de façon optimale. Pour sa directrice Josette Sheeran, le Pam a reçu des promesses de dons de 220 millions de dollars ces dernières semaines, mais il lui manque toujours 360 millions de dollars pour boucler son budget jusqu’à la fin de l’année.

À cette lenteur s’ajoutent les conditions de sécurité. Dans une partie de la Somalie, l’organisation islamiste Al Chabaab interdit l’acheminement de l’aide alimentaire dans les régions sous son contrôle. « Pour le moment, nous ne parvenons pas à atteindre 2,2 millions d’habitants. Il s’agit de l’environnement le plus dangereux dans lequel nous ayons à travailler dans le monde », a expliqué Josette Sheeran, directrice exécutive du Pam.

Pour face à cette famine, la communauté internationale est réunie à Rome ce lundi 25 juillet pour une réunion d’urgence. Il s’agit pour Jacques Diouf, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), d’une « situation catastrophique qui exige une aide internationale massive et urgente ». Selon la FAO, 300 millions de dollars sont immédiatement nécessaires.

La Somalie a déjà été le théâtre d’une terrible famine en 1992, entraînant une intervention militaire au motif de l’ingérence humanitaire. Mais l’opération « Restore Hope » lancée sous mandat de l’Onu n’avait pas mis fin à la guerre civile qui déchire toujours la Somalie et alimente la famine.