Quand les politiques évoquent les « classes moyennes », nous sommes nombreux à nous sentir concernés. C’est normal, car leurs définitions, souvent assez floues et politiques de cette classe, englobent deux Français sur trois. De son côté, l’Insee a déterminé cette « classe moyenne » de manière, un peu plus précise. Il s’agit des ménages dont le niveau de vie se situe autour de la « médiane », qui sépare les Français en deux groupes égaux suivant leurs revenus. La catégorie apparaît alors bien moins large.

L’étude de l’Insee, n’évoque pas le terme trop galvaudé de Français moyens ou de classes moyennes, car ils évoquent des stéréotypes plus ou moins vérifiés. Pour l’Insee, il s’agit des Français « du milieu ». Cette catégorie, a un niveau de vie plus élevé que les ménages « modestes » (moins de 1 510 euros nets par mois, après impôts et versement des prestations), mais se situe en dessous des ménages « plutôt aisés » (plus de 1 850 euros nets par mois).

Fort de cette définition économique précise, la catégorie représente alors, près de 11,6 millions de personnes. On est donc loin des 2 Français sur trois standards. On y retrouve, des familles avec des caractéristiques assez « traditionnelles », avec un ou deux enfants (37 % des ménages), ou des couples de plus de 50 ans dont les enfants ont quitté le domicile.

Les personnes qui la composent appartiennent souvent aux catégories socioprofessionnelles ouvriers ou employés. L’Insee fait remarquer que le niveau de diplôme est plus faible que la moyenne, car seulement 10 % possèdent un diplôme supérieur à Bac + 2. D’après l’Insee, « sous certains aspects, les personnes vivant dans un ménage médian sont proches des personnes modestes, voire pauvres, et éloignées des personnes à niveau de vie supérieur ». D’ailleurs, ils sont aussi 66 % à se déclarer en difficulté financière, et en 2014, plus d’un ménage « médian » sur cinq n’avait d’ailleurs pas les moyens de partir en vacances pendant une semaine.

Si les différences les plus notables, avec la catégorie la plus pauvre ne se situent pas sur les revenus et le quotidien, par contre elles se caractérisent par un taux d’emploi plus fort, et surtout par un accès à la propriété accru. En effet, de plus en plus de ménages « médians », font un effort pour devenir propriétaires. Dans le même temps, les ménages « modestes » ou « pauvres » sont de plus en plus nombreux à être locataires. Cependant, cet accès à la propriété est assez disparate, car la catégorie médiane regroupe des jeunes actifs, mais aussi des retraités, dont le patrimoine est souvent plus élevé.

Crédit photo : Bernard P.