C’est dans ce sens-là, que visiblement l’académie de médecine veut aller. Elle demande une meilleure régulation des encres de tatouage face à la montée de la demande et la prolifération de tatoueurs en tous genres. Le tatouage est devenu une pratique courante, et donc elle doit faire l’objet d’un suivi et d’une mise en garde pour éviter la multiplication des effets secondaires plus ou moins graves.

Un Français sur dix a choisi de recourir aux soins d’un tatoueur pour décorer sa peau à l’encre. Le tatouage est de plus en plus répandu surtout chez les jeunes. Il a depuis longtemps perdu ses caractéristiques traditionnelles pour devenir un acte à la mode. L’Académie nationale de médecine ne revient pas sur le bien-fondé de cette mode, mais sur ses répercussions maintenant qu’elle concerne un nombre important de personnes.

En premier lieu, elle note une réglementation trop faible. Celle-ci régit l’activité des tatoueurs, qui doivent respecter des règles d’hygiène précises et leur outillage. L’académie veut poursuivre dans cette direction et elle demande la mise en place d’un « carnet des interventions », où chaque acte de tatouage sera notifié ainsi que les composants utilisés.

Il s’agit aussi de mettre en place une veille épidémiologique, afin de surveiller les éventuels effets néfastes d’une encre ou d’une substance et d’y faire face très rapidement par une sorte de traçabilité.

L’académie semble plus particulièrement inquiète à propos des encres utilisées. Leurs usages devraient être davantage réglementés, et la sécurité des substances autorisées, démontrées de manière claire. Actuellement, l’utilisation des encres est régie par le Code de la santé publique, qui sur le sujet semble particulièrement en retard, et pas vraiment précis. L’académie de médecine prend pour exemple les colorants organiques qui ne peuvent justifier d’aucune étude assurant de leur innocuité. L’Académie rappelle qu’une majorité de ces produits étaient d’abord destinés à un usage externe.

Les encres perdurent à long terme sous la peau, et y évoluent, parfois avec des risques de toxicité. Sous l’effet des rayons UV, ou des lasers de dé-tatouage, des mutations peuvent survenir.

A l’heure actuelle, les complications après un acte de tatouage sont plus fréquentes qu’il n’y paraît. En Allemagne, deux tiers des personnes souffrent de « séquelles traumatiques, retards de cicatrisation et autres lésions locales ».

Pas sûr, que toutes ces nouvelles réglementations passent bien dans un milieu plutôt à la recherche d’un univers sans contrainte.

Crédit photo : Marc-Grégor Campredon