Il en est de ces idées, qui sur le papier semblent bonnes, mais qui dans la pratique ne donnent pas les résultats escomptés. On pourrait mettre pour l’instant dans cette catégorie, le principe d’interdire la circulation sur les voies sur berges de Paris pour réduire la pollution. Les différents bilans, plus ou moins officiels ou officieux, qui se succèdent semblent mettre en avant plus de points négatifs que positifs. La question est de savoir, si l’on est allé trop loin, ou au contraire pas assez pour enfin avoir des résultats.

En attendant, le bilan de suivi et d’évaluation de l’impact de la piétonisation des voies sur berges, confirme que les retombées de cette mesure ne sont pas probantes. D’un côté, l’impact sur la pollution est largement à déterminer, et de toute façon reste minime. Par contre une chose est sure, il s’ensuit une aggravation des embouteillages dans la capitale, et autour de Paris.

Le rapport explique, que la mesure semble plutôt déplacer la menace de pollution, que réellement la traiter. En effet, selon les spécialistes qui ont travaillé sur ce rapport, « l’absence d’impact positif sur la qualité de l’air est directement liée à l’augmentation du niveau de congestion du trafic, avec des temps de parcours détériorés, sur de nombreux axes en heures de pointe ». Ils rajoutent de plus, que le « niveau de concentration de dioxyde d’azote a diminué sur les quais, mais il y reste très élevé ».

Les usagers, n’ont pas attendu le rapport pour se rendre compte, que les temps de parcours ont augmentés. Cependant, les spécialistes peuvent mettre des chiffres précis à cette constatation. Le temps de parcours, a ainsi augmenté de 54 % sur les quais hauts et de 28 % boulevard Saint-Germain, qui sert de nouvel itinéraire privilégié depuis les interdictions. Plus globalement, autour de la capitale, le temps de parcours a augmenté de 47 % sur l’A86 dans le sud de Paris, et de 21 % à l’Est de l’agglomération.

Les conséquences sont multiples, et en cascades, puisque du coup, les temps et les aléas de parcours des quelque 25 lignes de bus concernées ont ainsi augmenté du fait des difficultés de circulation. Ceci n’est pas fait pour attirer de nouveaux usagers, et donc leur fréquentation ne s’est pas beaucoup accrue comme espéré.

Enfin, concernant un autre type de pollution, il est à noter que le bruit s’est aussi aggravé notamment quai haut, et en particulier la nuit.

Face à ce constat, il est clair, que les extrémistes de tous bords, vont se retrouver sur le fait qu’on ne peut pas continuer comme cela. Cependant, certains vont vouloir tout arrêter, et faire comme s’il n’y avait aucun problème et d’autres vont simplement expliquer que comme ils l’avaient prédit, ces mesures ne suffisent pas pour avoir des résultats, et vont exiger une fuite en avant.

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