Gros remue-ménage en perspective au Front national. Suite aux résultats en demi-teinte aux dernières élections, la tendance est aux changements, et comme il n’est pas question de changer de leader et d’idées, on change le reste. Le Parti va continuer sa mutation, et va proposer de rebaptiser ses instances. Marine Le Pen, est pour sa part favorable à un changement de nom.

Il est vrai, que les anciennes appellations fleuraient encore bon les années 70, quand le Parti s’inspirait de celles du Parti communiste. Fini donc le comité central, qui compte une centaine de membres, il pourrait devenir un « conseil national » si la proposition qui devra être soumise au vote des militants lors du Congrès les 10 et 11 mars à Lille, est acceptée. Pour sa part, le bureau politique pourrait devenir un « bureau national ».

Dans la foulée, le secrétaire général du Parti va devenir « secrétaire national ». Ce poste, considéré souvent comme le numéro deux du Parti après le président, sera entouré de plusieurs secrétaires nationaux adjoints. Actuellement, il est occupé par Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, et député européen. Il a remplacé Nicolas Bay, lui-même devenu vice-président du FN chargé des Affaires européennes.

Toutes ces nouvelles nominations ont suivi le départ très médiatique de Floriant Phillippot qui était vice-président du Parti chargé de la Stratégie et de la Communication. Il était à l’époque, considéré comme le numéro deux du Parti.

Visiblement, il s’agit de faire définitivement table rase, du moins dans la forme de ce qui pourrait faire référence au Front national de Papa. Marine Le Pen, veut continuer à donner à ce qui devient de plus en plus « son Parti », des allures modernes qui collent aux exigences des combats politiques actuels. Il s’agit surtout d’apparaître plus crédible dans la perspective d’assurer la gouvernance du pays.

Au passage, cela peut permettre aussi, d’une part de faire taire, et de détourner les critiques internes sur sa capacité à mener le Parti au pouvoir. Et d’autre part, cela pourrait aussi être l’occasion d’éliminer ceux, qui en douce, pensent que la vraie modernisation sera effective quand le Parti pourra clairement élire son chef, et que celui-ci n’aura plus l’obligation de s’appeler Le Pen ou d’appartenir à la famille.

Crédit photo : France 3 Paris