Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron veut remettre l’apprentissage à l’honneur. En cela, il navigue dans des eaux tranquilles, car comme le dévoile le sondage Elabe pour l’Institut Montaigne et le JDD, la population ne demande pas mieux. En effet, 74 % des Français interrogés font confiance à l’alternance école et travail pour combattre le chômage chez les moins diplômés.

Il va falloir pour cela réussir, là où d’autres comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande ont partiellement échoué, malgré de nombreuses mesures incitatives. On se rappelle, des allégements de charges patronales, les crédits d’impôt, et autres primes au pouvoir d’achat des jeunes. Malgré cela, les objectifs n’ont pas été atteints.

Il faut donc, de nouvelles recettes et d’autres pistes. Il pourrait cette fois s’intégrer et s’enclencher dans un plus grand processus qui tient à cœur au nouveau président. Il convient d’orienter les conditions de travail vers des salariés plus flexibles et mobiles tout au long de leur vie, tout en sécurisant leur parcours professionnel global.

L’apprentissage, donne plus de place à l’entreprise dans le parcours de formation des jeunes. Le ministère du Travail réfléchit donc aux moyens d’associer davantage les branches professionnelles aux décisions d’ouverture de nouvelles formations. A plus long terme, le but est de donner au lycéen plus souvent le choix de suivre un cursus en alternance, car la valeur ajoutée de l’apprentissage est d’autant plus forte que le niveau de qualification est bas.

L’État, compte établir un texte concernant la formation professionnelle, et pour cela, il veut faire plancher les ministères du Travail, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. L’État veut aussi associer à la rédaction du texte, les chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture, et les Régions qui participent au financement, voire les centres de formation d’apprentissage.

Il s’agit de travailler ensemble pour une meilleure harmonisation en évitant par exemple les doublons. Actuellement, un même diplôme peut être préparé dans un lycée professionnel et un centre de formation d’apprentis. Florence Poivey, présidente de la Fédération de la plasturgie, raconte comment la Région a mis son veto à un nouveau cursus, sous prétexte qu’il fallait combler des places ailleurs, alors qu’entreprises, élèves, plateau technique et rectorat étaient partant.

Tout ceci a aussi pour but de faire très vite saisir aux jeunes, les conditions et les impératifs du monde du travail actuel. S’il faut être plus réactif, mobile, polyvalent, flexible, autant l’intégrer tout de suite.

On peut déplorer qu’encore une fois, dans ces dispositions certes intéressantes et peut-être indispensables pour l’apprentissage, un mot semble avoir complètement disparu. Ce mot, c’est celui de « métier », qui sous-entend un vrai « apprentissage », valorisant pour l’individu, d’un savoir-faire et pas la simple faculté d’occuper un poste quelconque.

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