Étienne Daho sort un nouvel album, et dans le même temps, deux livres le concernant sont publiés, et pour couronner le tout, une exposition va lui être consacrée. Cela fait beaucoup pour un personnage, qui brille souvent par sa discrétion. Néanmoins, on ne peut pas, durant maintenant 40 ans de carrière, toujours passer entre les mailles du filet de la médiatisation.

C’est le douzième album, il s’appelle « Blitz » et il se compose de 12 nouveaux titres. 12 albums en quarante ans, on est loin des cadences infernales et des productions à la chaîne. Bien sûr, l’ami Daho ne pense pas qu’à lui, on sait bien que ses collaborations et ses productions pour d’autres artistes sont très nombreuses et particulièrement variées. Cependant, il le confesse lui-même, « vous savez, je suis un psychopathe du son. Et dans ces chansons, il y a tellement d’arrangements que les équilibres sont précaires. C’est minutieux« .

Avec Daho, tout semble être dans la retenue, la discrétion et un côté « enfant de bonne famille » qui ne coïncide cependant pas avec les références profondes et les premières influences musicales du jeune Étienne Daho. Ce sont ces références musicales qui ressurgissent dans ce dernier album.

« Blitz » est en partie un hommage appuyé à Syd Barrett. Ce musicien, fut le membre créateur du fameux Pink Floyd. On parle d’un temps où David Gilmour ne jouait pas encore avec le groupe. Pour comprendre la face cachée d’Étienne Daho, il convient donc d’écouter ou de ré-écouter des titres comme « Arnold Layne » ou « See Emily play » et se rappeler que les premiers camarades de concert d’Étienne furent les « stinky toys » de Jacno et Elli Medeiros, ou le divin groupe rennais « Marquis de Sade ».

Syd Barrett, comme beaucoup, fut emporté par sa folie créatrice et par des excès en tous genres, et il erra jusqu’à sa mort en 2006. Si nombreuses des amitiés de Daho sont en proie à des absences, et des parcours chaotiques, c’est qu’elles fascinent le calme et timide Étienne Daho. De son côté, il cultive les excès de talent et d’équilibre entre pop et variété, référence et innovation. Le « parrain » de la pop française n’a pas encore fini de se tourner vers du neuf en se propulsant vers l’ancien.

Crédit photo : Thomas Saminada